
L'Alsace héberge la seule population française de hamster commun (Cricetus cricetus). Très courant dans les années 60, le hamster était alors considéré comme nuisible du fait des dégâts importants occasionnés aux cultures. Sa destruction était alors non seulement permise mais encouragée.
Depuis cette époque, les populations de hamster ont très fortement régressé sous l'effet de multiples causes (urbanisation, prédateurs, fractionnement de l'espace par les infrastructures, monocultures...). La survie de cette espèce protégée au titre de plusieurs textes français et internationaux (convention de Berne de 1979) est désormais menacée et tous les efforts sont faits pour le protéger. Sa destruction ou celle de son habitat (terrier) est strictement interdite. Un plan de sauvegarde (2007-2013) vise à mettre en œuvre des mesures favorables à la préservation des populations de hamsters.
Le plan national d'action hamster propose aux agriculteurs de mettre en place des cultures favorables au hamster, à l’intérieur de trois zones de contractualisation prioritaire réunissant les milieux physiques favorables et sur lesquelles l'espèce est présente. Ces zones représentent une surface totale de 8 000 ha.
Les cartes des zones d’animation 2013 sont consultables sur le site extranet de la chambre d’agriculture (rubrique Environnement, MAET Biodiversité)
Dans ces zones d'action prioritaires a été fixé un objectif minimum de 22% de la surface agricole consacrée à des cultures favorables (au moins 2% de la surface en luzerne, et 20% en céréales à paille d'hiver). Ces cultures offrent un couvert favorable pour limiter la prédation, favoriser la reproduction et permettre au hamster de constituer des réserves de nourriture pour la période d’hibernation. L'objectif est d'assurer la survie de populations suffisantes pour permettre la survie de l’espèce. Pour cela, des contrats MAET (mesures agri-environnementales) sont proposés aux agriculteurs.
Les dégâts occasionnés aux cultures agricoles sont indemnisés par l'Etat, par l'intermédiaire de l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage), sur la base des marges brutes des différentes cultures. Pour cela, il suffit de prendre contact avec l'ONCFS (tél : 03 88 98 49 49) qui viendra constater les dégâts.
A long terme, il s'agit d'intégrer la protection du hamster dans les projets de territoire et d'urbanisme. Pour cela, lors de la construction d'infrastructures ou de projets immobiliers (zones d'activité, lotissements...) dans les zones de présence historique du hamster, chaque projet doit comporter une évaluation de son impact éventuel sur les populations de hamsters. Les projets qui impactent l'habitat du hamster doivent proposer des compensations qui peuvent prendre la forme de financement de contrats agricoles.
Il est également tenu compte des zones de présence du hamster lors de l'élaboration ou de la révision d'un Plan d'Occupation des Sols (POS), d'un Plan Local d'Urbanisme, d'une Carte communale, ainsi que du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale).
Mise à jour le 17/12/2012
Mammifère de la famille des muridés, le grand hamster ou marmotte de Strasbourg, kornferkel ou kornfarel, est un rongeur de 25 cm, d'un poids compris entre 220 et 460 g, qui peut vivre 4 ans. C'est un animal nocturne qui se nourrit de petits animaux et de végétaux (80%), essentiellement blé, luzerne, betteraves, oignons... Il hiberne entre octobre et avril et pour cela constitue dès l'automne des réserves de céréales. Originaire des steppes, il apprécie les sols secs et profonds de loess, non inondables, qui sont propices à la construction de son terrier. Il recherche une couverture végétale du sol (cultures fourragères pluriannuelles et céréales d'hiver et de printemps) qui assure sa nourriture et sa protection contre les prédateurs.
Philippe OSSWALD
Service Environnement-Innovation